vendredi 14 décembre 2007

Vive la Suisse



Hier soir, je suis allée faire mes courses. En payant à la caisse, je laisse tomber quelques pièces de mon porte-monnaie. Ca m'arrive tout le temps (à cause de la forme de mon porte-monnaie sans doute et surtout parce que le compartiment où je range les pièces n'est pas bien fermé), alors je ne m'en soucie presque plus. Après avoir rangé soigneusement mes courses, je me penche pour ramasser mes pièces, surtout celles qui ont le plus de valeur, à savoir les 50 centimes. Quand je me relève, je perds à nouveau quelques pièces (il faut peut-être que je change de porte-monnaie). Je suis quand même un peu exaspérée mais je me penche encore une fois pour en ramasser quelques-unes et je me dis que je vais laisser les autres au magasin parce que je n'ai pas envie d'aller chercher sous les cabas et sous les caisses pour quelques centimes. Aussi, je sors du magasin avec mes cliques et mes claques. Et voilà qu'il y a une femme qui crie "Madame! Madame!". Je ne m'en rends pas compte tout de suite mais c'est moi qu'elle appelle. Quand finalement je me retourne, c'est une dame toute souriante qui s'approche vers moi en tendant le bras. Je me dis: "Zut, j'aurai oublié quelque chose à la caisse?". "Il me semble que c'est vous qui les aviez laissé tomber"me dit-elle, toujours avec le sourire et elle dépose quelques piécettes dans ma main. Je lui réponds tout sourire aussi: "Merci beaucoup!". Et elle repart vers le magasin. Je regarde ce qu'elle m'a donné sous le lampadaire. 15 centimes. C'est tout. Cette femme s'est donné la peine de se pencher par terre, de ramasser mes pièces et de sortir dans le froid et dans le noir pour me les rendre. Si ça, ce n'est pas une preuve d'honnêteté!! Devant cet acte, devant cette femme, je n'ai que trois mots à dire: "Vive la Suisse!". Non pas la Suisse des grands dirigeants, la Suisse des produits de luxe et de joaillerie, la Suisse des banques et des musées, mais la Suisse des petites gens remplis d'honnêteté et de franchise.

jeudi 13 décembre 2007

La vie est un choix


La vie est un choix perpetuel et permanent. Dans tout ce que nous faisons, nous effectuons des choix. La plus petite tâche accomplie en est le résultat. Quand je me lève le matin, je fais le choix de ne pas rester au lit. Quand je vais à l'école, je fais le choix d'assister aux cours. J'ai une fois entendu dire que l'homme se définit par ses choix dans la vie, et là, je suis bien d'accord. Nous ne sommes pas ce que nous avons, nous sommes ce que nous choisissons. Oui, vous me direz que nous ne choisissons pas certaines choses. Par exemple, nous ne choisissons pas nos parents. Certes, mais nous sommes nous-même le résultat d'un choix de nos parents. Aussi, quand nous naissons, il y a déjà un choix qui a été effectué pour nous. Nous sommes issus de choix et nous sommes destinés à choisir. Nous disons souvent que nous n'avons pas le choix. C'est faux. Nous avons toujours le choix. Ce qui nous donne l'illusion de ne pas avoir le choix, c'est la morale populaire qui considère certains actes comme inhumains et par là même inacceptables dans la société. Par exemple, si notre enfant est malade, nous pensons toujours que nous sommes obligés de nous occuper de lui, d'appeler le médecin, de rester à son chevet. C'est ce que la bonne société nous a appris. Mais nous avons aussi le choix de le laisser là, malade, bouillant de fièvre et ne pas nous en soucier. Les bons parents feront bien sûr le bon choix, celui que leur coeur leur dicte et celui que la raison leur murmure. Les pauvres n'ont pas le choix me diriez-vous. Et pourtant si, ils ont le choix. Il ont le choix entre se laisser aller et se morfondre sur leur pauvreté (ce qu'ils font malheureusement bien souvent) et celui de se débattre pour s'en sortir, même si pour cela, ils doivent user de toutes leurs forces jusqu'à la mort. La mort. Parlons-en. La mort est-elle un choix? Certains diront que non. Mais moi, je pense que c'est un choix. Notre corps n'en pouvant plus de cette vie ici-bas, il décide tout simplement de s'arrêter de fonctionner. Vous me direz que certaines personnes n'ont pas demandé à mourir, que ceux qui ont été tués, violés, maltraités, n'ont pas fait ce choix. Certes. Mais dans ce cas, quelqu'un d'autre a fait le choix pour eux. Je reviens à ma première phrase. La vie est un choix. Pas forcément le notre. C'est pour cela que la vie n'est pas "notre" choix, mais juste "un" choix, celui de votre voisin qui a décidé de vous pourir la vie, celui d'un génération qui a décidé de se révolter, celui de toute une population qui se languit d'amour et de tendresse sans savoir ce que ces mots signifient réellement.